Mouvement Écologique Mathalois
Tout ce qui concerne l'environnement
Le Mouvement Écologique Mathalois vous souhaite la bienvenue  sur son site
   Accueil      Projets      Revitalisation Rivière Berthier

      
Mise à jour: 2018/11/11
 


 
 

 
 

Revitalisation de la rivière Berthier- première phase- 2011  

 
PREMIER RAPPORT DU PROJET QUINQUENNAL
DU REBOISEMENT DE LA
RIVIÈRE BERTHIER 
 Le comité de la rivière Berthier : Brissette Michel ; Coulombe Martin ; Gadoury  Pierre-Michel ; Gagnon  Jean-Pierre ; Touchette François-Guy; Corbin  Louis.
 Partenaires impliqués :Zone Bayonne, Mouvement écologique mathalois, Municipalité de Saint Jean-de-Matha, École secondaire de l'Érablière à Saint-Félix-de-Valois, Vidéotron, l'organisme Jour de la Terre, Québécor et une possibilité de 21 propriétaires riverains.
 

Introduction :La rivière Berthier est située dans la zone du bassin versant de la rivière Bayonne et elle est une des composantes de celle-ci. Petite dans sa longueur et dans sa largeur soit moins de deux kilomètres de la décharge du lac Berthier, sa source, jusqu'au premier pont du rang Saint-Guillaume près du rang du Sacré-Coeur, ensuite elle s'élargit un peu.

 

On y trouve dans cette rivière deux sections très limpides qui raclent le grès et le calcaire des Laurentides. Ce qui en explique la limpidité à ces endroits. Sinon son parcours est assez vaseux avec une granulométrie de sable qui par endroits est assez fin.[1]

Rivière à omble de fontaine et non de truite puisque non apparentée au genre Salmo et à meunier noir par endroits, elle a un trajet sinueux que les ravines accentuent à la hauteur du rang Saint-Guillaume qui lui donne une autre particularité en terme d'architecture du paysage. En fait, cela la démarque nettement!

 

Ce projet de reboisement des bandes riveraines de la rivière Berthier « idéaté » voici quelque deux ans, s'est concrétisé en mai 2011 en liaison avec différents partenaires. Le secteur identifié comme problématique avait reçu un avis de non-conformité de la municipalité de Saint-Jean-de-Matha lorsque le propriétaire du terrain avait déplacé son chemin original. On demandait un reboisement. Le projet tombait pile pour ce dernier.

 

On parle ici d'un plan de reboisement d'une durée de 5 ans afin de rejoindre tous les propriétaires concernés par la plantation. Ce ne seront pas tous les propriétaires qui pourront bénéficier du reboisement, car il y a un secteur entre le rang Saint-Guillaume et le rang Saint-Léon qui est fortement boisé des deux côtés de la rivière. À moins que certains d'entre eux fassent une demande, car c'est un secteur avec des résineux et qui a une carence en pin blanc. Ce que vient conformer un document, et cela, jusqu'aux débuts du 20e siècle. [2]



[1]          Godbout,Gérard, Étude pédologique du comté de Berthier. Prov. De Québec, Ministère de l'Agriculture, bulletin technique no 5. École supérieure d'agriculture : Sainte-Anne de la Pocatière, 1957.

[2]          Rondeau,Georges. Procès-verbal du 23 décembre 1881 concernant des chemins de ligne et pont dans       la concession St-Guillaume I ère et 2 ième depuis le Township Barndon, (sic), à venir au chemin de Antoine St-Georges

 

Notions historiques : La rivière Berthier que l'on a confondue à tort avec la rivière Bayonne jusqu'au début du 19e siècle, trouve son origine toponymique dans le lac du même nom. L'inverse est aussi vrai pour la rivière Bayonne que les Abénaquis appelaient Ôbamasek ou poisson blanc et que l'on a donc appelée aussi à tort de rivière Berthier. Le nom de Berthier que ce soit, la rivière, le lac et le comté est dû au seigneur de Berthier, Pierre de l'Estage ou Lestage (2 février 1682-21 décembre 1743), un nom de

provenance basque semble-t-il en l'honneur de son prédécesseur. [1] Et le nom du patronyme des Berthier est dû, du moins ici au Québec, à Hugues Randin à Isaac de Villemur, dit Alexandre Berthier (1638-1708).

 

 

La rivière Berthier est située principalement dans la municipalité de Saint-Jean-de-Matha et vient se jeter dans la rivière Bayonne à la hauteur de Saint-Cléophas-de-Brandon.

 

Jonction de la rivière Bayonne à gauche et de la rivière Berthier à droite.

(photo Jean-Pierre Gagnon-Zone Bayonne)

 

 
 

Illustration de la rivière Berthier mais il s'agit certainement de la rivière Bayonne près de Berthier avec un pont construit par le général Haldimand en 1781 alors qu'il était en poste comme gouverneur du Canada pour l'empire britannique. Celui-ci était un suisse qui parlait français. On discerne ce pont à l'arrière-plan avec dans une barque deux pêcheurs, aussi deux pêcheurs sur les rives de la rivière, un four à pain près de la maison à droite, des bâtiments à gauche avec des toits de chaume ainsi que des animaux et des personnes marchant sur le chemin tandis que deux femmes bavardent et qu'un attelage remonte ledit chemin. Il faut remarquer aussi le déboisement important que l'aquarelle rend.[1]

 

Caractéristiques :Ce lac puisqu'il faut l'aborder dans ce rapport c'est le réservoir de la

rivière du même nom. Il est petit à savoir moins d'un kilomètre de large dans son axe est-ouest et par un kilomètre de long environ dans sa partie nord-sud. Il ressemble à s'y méprendre dans sa forme à un violon avec ses esses. La rivière Berthier, le déversoir naturel du lac quant à elle suit un axe descendant vers le fleuve et n'a pas un très grand parcours avant de se jeter dans la rivière Bayonne. On parle ici de moins de dix kilomètres d'un itinéraire très sinueux. Certains petits cours d'eau comme les petits lacs artificiels Gravel et Bibeau ainsi que les ruisseaux de La Grande Coulée, Lucien Gravel, Gravel, Aubin-Ferland et Gravel-Gagnon en provenance du mont Gravel, Roy et de la montagne Verte la gonflent tout au long de ce trajet


[1]          Peachey, James. A view of the bridge over the River Bertier by order of General Haldimand in 1781 W.H. Coverdale collection of Canadiana, manoir Richelieu collection, 1785. Aquarelle, plume et encre sur crayon.

 
 

Deux phénomènes exceptionnels retiennent toutefois l'attention et la singularisent.

 

Il y a d'abord le fait qu'elle a été sculptée au retrait de la mer de Champlain lors de la dernière glaciation. On parle ici d'environ de 9,000 ans d'âge pour ce bras de mer glacé qui s'avançait jusqu'aux contreforts des Laurentides se situent le lac et la rivière Berthier soit dans ce que l'on appelle le piémont. Donc de nos jours, on peut voir les remarquables ravines de la rivière Berthier dans les hauteurs du rang Saint-Guillaume à Saint-Jean-de-Matha que ce poids glaciaire de plus de deux kilomètres d'épaisseur a façonnées. La glace a ainsi raviné l'espace terrestre entre les montagnes pour amener la rivière Berthier à s'égoutter vers le fleuve Saint-Laurent, ce poumon bleu liant bon nombre de lacs et rivières au Québec. Le paysage avec cette vue donc a pris une teinte extraordinaire que le déboisement a encore plus accentuée. C'est ce que vient confirmer une étude de l'école d'architecture de paysage de l'université de Montréal en signalant que « ce paysage, fortement identitaire, nous apparaît comme une richesse pour la municipalité. Cette zone est caractérisée par une ravine traversant cette vallée entourée de montagnes. Le champ visuel y est assez vaste, voire panoramique... » [1]

 

L'autre attrait consiste en un phénomène à la hauteur de la municipalité de Saint-Cléophas-de-Brandon. Ce fait, c'est la rencontre des deux eaux de rivière soit la Berthier et la Bayonne qui pendant une trentaine de mètres ne se mélangent pas. On ne voit pas le phénomène en surface, mais bien dans le lit de la rivière Bayonne. Il y a ici une

 « discordance dans le débit , le transport des sédiments et la morphologie du lit... »  [2]

 

Processus de mise en place du projet : Une première rencontre officielle eut lieu pour le comité de reboisement de la rivière Berthier à l'initiative de Michel Brissette du Mouvement écologique mathalois au mois d'avril 2011. Il fut convenu avec les différentes personnes autour de la table de publiciser auprès de la population le projet avec une visibilité dans le journal local L'Action au jour dit ainsi que de la mise en place d'un panonceau annonçant le reboisement des rives de la rivière Berthier près du

lieu de la première intervention conçue par Jean-Pierre Gagnon de l'organisme Zone Bayonne. La date entendue pour la première plantation a été le 17 mai 2011. Auparavant quelques propriétaires riverains allaient être contactés pour donner leur aval à la plantation d'arbres et d'arbustes sur leur terrain bordant la rivière Berthier dans ce projet quinquennal de reboisement. Les 21 propriétaires avaient été identifiés au préalable. C'est dire qu'annuellement des propriétaires seront progressivement contactés pour les

informer du projet et de leur contribution à savoir de payer le dîner des planteurs et planteuses provenant de l'école secondaire l'Érablière de St-Félix-de-Valois. Ces derniers auront eu de la part de l'organisme Zone Bayonne une formation.



[1]          Lespaysages de l'ordinaire Édition 2006. Onze projets de mise en valeur des paysages de Saint-Jean-de-Matha (version préliminaire) sous la direction de Jean Froment et Évelyne Vouligny, Atelier espace régional, École d'architecture de paysage, Université de Montréal : Montréal, 2006.

[2]          De Serres, B., Roy, André G., Biron, Pascale M., Best, James L. Three-dimensional structure of flow at a confluence of river channels with discordant beds in Geomorphology 26 (1999) p. 313

 
 

Raison d'être du projet : La rivière Berthier est un des cours d'eau du bassin versant de la Bayonne. En fait, c'est le dernier et le plus petit bassin versant reconnu ne faisant que 370 km². La rivière est étroite par endroits, tortueuse et n'a pas un long parcours soit moins de 10 km. Elle rencontre sur son passage que deux producteurs à culture à grand interligne (maïs grain) et étroite (avoine, seigle). Ceux-ci plantant en alternance et parfois laissant reposer le sol ou encore en plantant de l'engrais vert comme du sarrasin. La turbidité de la rivière est somme toute assez claire malgré son fond relativement vaseux et à d'autres endroits sablonneux. Ce qui est le plus problématique de cette rivière ce sont les

décrochements de rives compte tenu de la forte présence de sable comme agrégats. Ces décrochements sont fréquents et ont changé à plusieurs endroits la configuration de la rivière avec le temps. La cause en est un déboisement important visant à faire de l'agriculture intensive et ceci depuis fort longtemps ainsi des crues printanières de plus en plus fortes. Voilà pourquoi ce reboisement des rives de la rivière Berthier est un projet idéal et fait sur mesure pour celle-ci.

 
 

Déroulement de la première phase du projet : Tous les 21 propriétaires riverains de la rivière ont été identifiés avec leurs coordonnées.[1] D'un commun accord nous avions identifié pour la première intervention un site problématique tant à la fois pour des décrochements de rives que par l'apport d'agrégats non voulus dans la rivière dans le rang Saint-Guillaume. En plus, comme cela a été dit, il offrait ce rang une vitrine intéressante pour le projet. La personne visée a été contactée et avait donné son accord surtout qu'elle avait elle-même fait appel à un professionnel pour planifier des travaux de plantation au préalable. Le projet arrivait à point nommé pour elle. Au jour dit, l'équipe de planteurs de

l' école secondaire ne s'est présentée parce que nous avions eu un printemps pluvieux hors de l'ordinaire. Malgré ce sérieux handicap, quelques personnes ont entrepris de planter les arbres et les arbustes. En fait, selon le suivi fait après cette première journée, la personne propriétaire a toutefois planté tout près de 2,000 arbres et arbustes sur son terrain selon ses dires.

La repousse a été difficile dans son ancien chemin puisque rocailleux malgré qu'il eut fait l'objet d'un sarclage au préalable et on peut évaluer visuellement les pertes à environ 200 plants. Le journal l'Action s'est aussi présenté sur les lieux ce qui a valu un article sur le sujet. Ce qui était visé par l'intervention.



[1]            Municipalité de Saint-Jean de Matha, les propriétaires le long de la rivière Berthier. Ce document devrait être numérisé et inclut avec le présent rapport.

 

 

 
 

Seconde phase du projet : le propriétaire qui est situé de l'autre côté du rang Saint-Guillaume soit du côté nord-ouest a donné son accord pour une plantation en 2012 de 1,200 arbres et arbustes qui pourront être plantés le long d'une bande de dix mètres de largeur de chaque côté de la rivière. Ce secteur présente plusieurs décrochements de rives qui ont modifié le trajet initial de la rivière Berthier. C'est ce qui explique notre prochaine intervention sur ce lieu.

 

Conclusion: On  souhaite du beau temps pour le temps de plantation en 2012 puisque l'on dispose d'une fenêtre de 2 semaines pour ce faire. Nous sommes bien partis!

 

PAR: FRANÇOIS-GUY TOUCHETTE, M.L.I.S., M.A.HISTOIRE

Septembre 2011

 

                        Revitalisation de la Rivière Berthier-  seconde  phase  - 2012

 

Comme prévu dans le projet quinquennal de la revitalisation de la rivière Berthier, une seconde corvée de plantation a été organisée en collaboration avec les mêmes partenaires qu’en 2011 soit : Zone Bayonne,Mouvement écologique mathalois, municipalité de Saint Jean-de-Matha, école secondaire de l'Érablière à Saint-Félix-de-Valois, Vidéotron, l'organisme Jour de la Terre, Québécor.

 

Cette corvée a eu lieu le 25 mai 2012 avec l’accord du propriétaire dont le terrain très accidenté n’était pas sans présenter ses défis. L’équipe était constituée d’une dizaine d’étudiants de l’école secondaire de l’Érablière de Saint-Félix-de-Valois accompagnés de quelques adultes de l’école et des organisations partenaires : ils se sont rendus sur les lieux où les attendaient pelles et arbres!

Un total de 900 arbres, une variété de conifères et feuillus ont été plantés pour continuer de contrecarrer le décrochement des rives. Une belle journée pour la rivière Berthier!

La troisième phase du projet, prévue pour 2013, donnera lieu probablement à une plantation d’arbustes riverains bien adaptés au sol sablonneux.

 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
© Tous droits réservés MEM 2013 - 2018